La joie collective des français à la libération d'Ingrid Betancourt était magnifique et rare, malgré quelques remarques de politiciens grincheux. Beaucoup d'entre nous s'étaient identifiés à cette franco-colombienne, courageuse politicienne mère de famille kidnappée et retenue prisonnière à cause de ses convictions.
Ce qui m'a frappé dans ses premières paroles de femme libre, c'est l'expression de sa reconnaissance envers Dieu et de sa foi profonde qui lui a permis de ne pas devenir folle ou totalement désespérée. Nous n'avons pas l'habitude, en France, de remercier Dieu publiquement, devant les caméras, d'exprimer la foi en un Dieu vivant. Beaucoup pensent que la rationalité absolue (il n'existe rien en-dehors de ma raison) est la seule sagesse qui vaille, et que la foi en un Dieu surnaturel et invisible est totalement irrationnelle et dangereuse.
Ingrid Betancourt, comme d'autres otages avant elle (on pense à J.-Paul Kauffmann et Michel Seurat otages au Liban ), nous prouve le contraire. La foi au Dieu de la Bible est ce qui nous garde humain, paisible, compatissant, aimant et nous empêche de devenir une bête dans une situation inhumaine. Car Ingrid Betancourt a été traitée comme un animal, une chose que l'on pouvait laisser vivre ou mourir arbitrairement. Après tout cela, elle a déclaré qu'elle n'avait pas de haine ni d'esprit de vengeance envers ses geôliers; et on ne peut pas la suspecter du fameux syndrome des otages car elle n'a montré aucune compassion envers eux : elle a dénoncé les mauvais traitements et la cause crapuleuse de ces prises d'otages.
Pour terminer ce blog, je ne peux m'empêcher de penser au sentiment intense de libération que j'ai ressenti moi-même lorsque je suis venu à Dieu avec ma culpabilité et mon désespoir d'athée devenu cynique. J'avais dix neuf ans, l'orgueil de la jeunesse, mais aussi le vide existentiel de l'étudiant français moyen. Sans Dieu, je n'avais pas de sens particulier à la vie, pas de raison majeure d'être là, pas de futur connu, pas d'espérance ni d'amour persévérant pour mon prochain. Et bien que ma conscience se soit déjà endurcie à faire le mal sans trop ressentir de remords, j'avais accumulé une somme de culpabilité qui me pesait. Lorsque j'ai entendu le message de l'Évangile, j'ai compris qu'il existait une libération et un sens à tout cela. J'ai appris que Jésus-Christ était venu pour cela, pour me libérer du mal par son sacrifice sur la croix. J'ai saisi que ce sacrifice, éloigné de la raison humaine - qui ne peut comprendre comment le Fils de Dieu a pu payer pour mes fautes 2000 ans avant ma naissance - n'était pas pour autant irrationnel. Juridiquement, j'étais coupable et condamné devant mon Créateur, à cause de mes nombreuses offenses envers Lui, la première étant de renier son existence pendant plusieurs années. Pourtant, Dieu allait condamner quelqu'un à ma place afin de me libérer de cette culpabilité. Il est venu lui-même, en la personne de Jésus, vivre une vie absolument juste et parfaite, et payer pour moi la condamnation que je méritais. Comme l'annonçait le prophète Esaïe 700 ans avant la naissance de Jésus : “Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie; Et l’Eternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous.” (Esaïe 53:6). Sur lui ? Lui qui ? Sur le Messie, sur Jésus.
En comprenant tout cela, j'ai été touché par l'Esprit de Dieu et je suis venu à Lui avec une profonde repentance. J'ai reconnu mes nombreuses offenses qui me dégoûtaient finalement, je Lui ai demandé pardon et j'ai cru que Jésus m'en libérait immédiatement. Aussitôt, le poids de ma culpabilité, le sentiment de vide et d'amertume et la dureté de mon cœur se sont évanouis. Un peu comme Ingrid après six ans de captivité, j'ai ressenti un immense soulagement, une paix profonde qui ne m'a plus jamais quitté, et j'ai acquis l'assurance de rejoindre mon Sauveur lorsque sonnera l'heure de ma mort.
Ainsi, je peux comprendre quelque peu les sentiments d'Ingrid.
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