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Les récents propos du pape condamnant l'usage du préservatif alors qu'il était en route vers l'Afrique et que la journée mondiale du SIDA s'approchait, a suscité une très vive controverse dans le monde.

Des chefs d'Etat, des hommes politiques, le quai d'Orsay en France, des organisations humanitaires et de nombreux catholiques se sont insurgés contre cette "petite phrase".

Après le retour de la messe en latin, la polémique de la réintégration des évêques intégristes et un cheminement théologique qui renie plusieurs points du concile d'ouverture Vatican II, Benoît XVI développe une image d'homme d'église rétrograde et borné.

Un sondage français à chaud de l'Ifop publié dans le Journal du Dimanche (http://www.lejdd.fr/sondages/137.html) montre que 43% des catholiques français souhaitent que ce pape s'en aille !

Comme d'habitude, je propose de dépasser l'émotion et d'analyser l'événement en apportant l'éclairage biblique sur la question.

 

Les propos exacts dans leur contexte

Il faut tout d'abord remettre les propos de Benoît XVI dans leur contexte. On en trouve le texte français sur l'agence de Presse Zenit (www.zenit.org) :

Question - Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l'Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l'Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?

Benoît XVI -  Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l'Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. (...) Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements  personnels, à être proches de ceux qui souffrent. (…)

Cette version a été légèrement retouchée par le Vatican. La version enregistrée par les journalistes dans l'avion qui menait Benoît XVI au Cameroun est la suivante :

« Je dirais qu’on ne peut pas vaincre ce problème du sida uniquement avec de l’argent, qui est nécessaire. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut le résoudre en distribuant des préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème. »


Que voulait dire le pape ?

Tout simplement que la distribution de préservatifs ne résoudra pas seule le problème de l'épidémie de Sida en Afrique, mais qu'il doit y avoir aussi un changement de mentalité avec une sexualité plus responsable, plus humaine, basée sur l'amour plus que sur la pulsion.

Pourquoi dit-il que la distribution de préservatifs augmente le problème ?

Parce que, à ses yeux, elle éloigne de ce changement de mentalité, elle encourage une sexualité débridée puisqu'elle promet une protection contre la maladie.


Ses paroles sont-elles dangereuses ?

Si les personnes influencées par le pape négligent d'utiliser les préservatifs tout en ayant une sexualité à risque (changement fréquent de partenaire) parce que le pape laisse entendre que le préservatif aggrave le problème, oui, ces paroles sont dangereuses.
Pour être honnête, le pape n'a pas dit qu'il fallait avoir des rapports non protégés. Néanmoins, ses propos peuvent être mal interprétés et mal compris.


Où est le problème ?

Si on regarde de près les paroles de Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu, on voit qu'il ne s'est pas occupé de faire la morale à ses concitoyens, mais qu'il les a ramenés à Dieu, à une foi sincère et repentante. Jésus, par contre, a souvent dénoncé l'hypocrisie des chefs religieux qui "lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ne veulent pas les remuer du doigt." (Matthieu 23:4).

Les apôtres de Jésus qui ont participé à la fondation de l'Eglise de Jésus-Christ après sa résurrection, ont encore moins fait de leçons de morale ! Ils prêchaient la repentance et la foi en Jésus-Christ ressuscité :

“Sachez donc, hommes frères, que c’est par [Jésus] que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse.” (Actes 13:38-39).

Ils ont prêché le pardon et la transformation de Dieu par la grâce, message opposé des légalistes qui prêchaient la bonne conduite sous la loi pour essayer de plaire à Dieu.

 

Qu'est-ce que les chrétiens doivent annoncer ?

Le problème du pape et des catholiques est qu'ils n'enseignent pas la nouvelle naissance spirituelle annoncée par Jésus :

“En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.” (…) “Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit.” (Jean 3:3,5-6).

 

Les hommes qui ne sont pas nés de nouveau –qu'ils soient catholiques ou non- sont sous l'emprise de leurs pulsions naturelles et non sous l'emprise de Dieu. En conséquence, ils vont se plaire dans des pratiques condamnées par Dieu et vont regarder avec mépris les commandements de Dieu :

“Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. (…) Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi.” (Romains 7:14, 19-20).

 

Le chrétien n'est pas là pour donner des leçons de morale à des personnes sous l'esclavage de leurs passions, mais pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ : nous pouvons être pardonnés, réconciliés avec Dieu par la foi en Jésus-Christ qui a payé notre dette, et nous pouvons être transformés pour devenir juste à l'intérieur (et non en apparence).

 

Doit-on prêcher le préservatif ?

Personne n'est neutre dans l'affaire. Les chrétiens défendent l'idée que la sexualité est réservée au conjoint dans le mariage d'amour. Les libres penseurs défendent l'idée que la sexualité doit être assouvie en toute occasion, sans retenue. Ces derniers poussent à fond pour le préservatif car ils pensent qu'il leur permet d'assouvir leurs fréquents changements de partenaire sans risque. Or, le préservatif ne protège pas à 100% du Sida, surtout s'il est mal utilisé.

Il est donc aussi dangereux de dire que le préservatif ne sert à rien que de dire qu'il protège à 100%.

L'avantage du préservatif est qu'il est peu coûteux et pratique à transporter et utiliser. Son inconvénient est qu'il présente des faiblesses (s'il est périmé, s'il est abîmé, s'il est réutilisé, s'il est trop petit ou trop grand, etc.).

A mon avis, il faut mettre autant de moyens dans l'éducation que dans les distributions de préservatif. En visitant le Cameroun, j'ai été frappé par les publicités d'Etat contre le Sida qui prônent la fidélité et l'abstinence, idées qui sont absentes en France. Si je suis fidèle à mon conjoint sain et qu'il m'est fidèle, je diminue d'autant les risques d'avoir le Sida (mais pas d'autres maladies vénériennes). Si je n'ai pas de partenaire officiel, il vaut mieux s'abstenir que de prendre des risques.

Par expérience, il y a plus d'accomplissement dans l'amour et la fidélité à une personne que dans une suite de rencontres d'un soir.

Le besoin d'éducation et d'information est immense. Les ados de notre époque apprennent la sexualité sur les sites pornographiques d'Internet. Or la pornographie est une horrible déformation de la sexualité humaine. La femme y est généralement une esclave de l'homme et les pratiques peuvent encourager la violence voire les comportements pervers et dangereux (viols, pédophilie, torture, etc.).

La sagesse est dans la Bible

La sexualité inventée par Dieu, dans la Bible, n'est jamais séparée de l'amour entre un homme et une femme. L'infidélité, la course au plaisir égoïste sont sévèrement condamnés.

La sagesse de Dieu, qui a créé la sexualité, est qu'elle soit utilisée à bon escient. Dieu met en premier l'amour, le don de soi à l'autre dans le couple.

“Que ta source soit bénie, Et fais ta joie de la femme de ta jeunesse, Biche des amours, gazelle pleine de grâce: Sois en tout temps enivré de ses charmes, Sans cesse épris de son amour. Et pourquoi, mon fils, serais-tu épris d’une étrangère, Et embrasserais-tu le sein d’une inconnue?” (Proverbes 5:18-20).

"Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront pas du royaume de Dieu? Ne vous y trompez pas: ni ceux qui vivent dans l'immoralité sexuelle, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les travestis, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les exploiteurs n'hériteront du royaume de Dieu. Et c'est là ce que vous étiez, certains d'entre vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus et par l'Esprit de notre Dieu. (1 Corinthiens 6:9-11).

La sexualité sans contrôle, sans amour sincère, devient rapidement une addiction qui ne satisfait plus. Elle empêche d'avoir des relations normales avec les autres et d'aimer de façon désintéressée.

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